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Le blog d'Adel Taamalli

Le concept d’occidentalisme dans l’occidentalisme islamique (Ou comment présumer de l’unité de la philosophie occidentale pour un champ spéculatif islamique par l’exemple des présocratiques). Partie I

7 Novembre 2013, 14:19pm

Publié par Adel TAAMALLI

En créant le concept d'occidentalisme islamique, j'eus le vœu, en me basant sur le verset coranique de la cause, selon Dieu, de la distribution de l'humanité en peuples différents(i), de montrer que le sens même à donner à l'existence actuelle des musulmans occidentaux indiquait que ces derniers avaient le rôle de connaître la civilisation (l'Occident) dans laquelle ils avaient élu domicile et à laquelle ils appartiennent aujourd'hui de manière incontestable, même si cela est contesté par certains. Ceci est, de mon point de vue, un don de Dieu à cette catégorie de musulmans, une "Mission terrestre" qui est de travailler au développement d’un tel courant de pensée.

Alors que la partie islamique de cette doctrine paraît claire (ii), il convient encore de préciser ce que l'on entend par occidentalisme, qui tire son principe du nom d'une civilisation parmi d'autres dans le monde, l'Occident. Or, dès le commencement de ce mouvement de pensée qui a animé (et anime toujours) mon esprit, j'eus l'intuition que la philosophie occidentale, bien que non monolithique, possède une unité relative, de laquelle peut procéder la notion d'occidentalisme. Sans entrer dans les détails de ce que toute intuition aurait de force légitimatrice pour une pensée quelconque (iii), je la pense, au nom de mon a priori islamique, être un Appel intérieur de Dieu qui m'est adressé, lequel m'incline à philosopher. C'est de cette intuition que tire sa source, dans cet article, la volonté de montrer, par un raisonnement spéculatif cohérent, l'unité d'une philosophie occidentale qui réunit en son sein un certain nombre de doctrines qui peuvent paraître antinomiques, d'un premier abord (iv).

Je le ferai en prenant l'exemple exclusif d'une partie de la philosophie grecque antique, considérée par les Occidentaux eux-mêmes comme étant la base de l'histoire de leur pensée. Je traiterai de certains parmi ceux que l'on appelle les présocratiques, ceux qui sont venus avant Socrate, le père de la philosophie (v). J'aborderai plusieurs sujets qui, tous, furent éminemment importants pour la suite de la pensée universelle, surtout en ce qu'ils n'ont finalement pas trouvé des points d'entente chez les présocratiques eux-mêmes, menant même, parfois, à des apories de pensée qui motivèrent tous ceux qui se sont appuyés ultérieurement sur eux pour développer une philosophie (au premier rang desquels Socrate, Platon et Aristote).

Pourtant, nous nous cantonnerons dans cet article à ces seuls présocratiques, les premiers penseurs grecs antiques. Car nous sommes avant tout en quête d'une méthode, mais surtout, ici, d'une validation de l'idée d'unité, en l'état actuel de notre pensée, de la philosophie occidentale, ce qui légitimerait la notion d'occidentalisme. Toutefois, parce que les sophistes ont émis un certain nombre d'énoncés sur la vérité (l’une des quêtes de l’occidentalisme islamique), il conviendra parfois, pour compléter le propos, de faire un détour par les trois philosophes grecs précités qui ont repris ces énoncés, sans jamais nous intéresser, pour ce texte, aux autres aspects de leurs philosophies dont nous reconnaissons toutefois la cohérence, et donc le fait que, parmi les concepts élaborés par Socrate, Platon ou Aristote, ce qui sera abordé ici s'insère logiquement avec ce qui ne le sera pas dans un système de pensée possédant une logique inhérente (l'ironie de Socrate, les idées politiques chez Platon ou la cosmologie aristotélicienne, pour prendre des exemples).

J'adhère, en l'état actuel de ma réflexion, à la thèse d'Edgar Morin, selon laquelle toutes les vérités, lorsqu'elles sont vraies, même si elles sont antinomiques d'apparence, sont en réalité complémentaires entre elles (vi). Il suffit, de mon point de vue, de construire les liens spéculatifs logiques et intelligibles insérant dans une même pensée "englobante" des idées apparemment contraires, lorsque cela est possible. Cela permettra ainsi de défendre, ici par l'entremise de la pensée présocratique, le postulat d'une unité de la philosophie occidentale.

Enfin, je ne m'interdirai pas, le long du texte, de faire des retours à l'a priori islamique lui-même qui, toujours, m'anime. Cela, pour donner une légitimation, avec intelligibilité, de l'utilité d'un appel à la philosophie grecque antique (et donc occidentale) pour le développement de la pensée islamique contemporaine, tout comme afin de montrer en quoi une pensée islamique, lorsqu'elle présente des énoncés vrais et/ou intelligibles, a tout d'une philosophie à part entière.

DISTINGUER ENTRE PENSEE ERRONEE ET A PRIORI AU SEIN DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE

La notion de pensée erronée

Les Grecs antiques croyaient pour la plupart en un panthéon polythéiste de divinités, bien loin de notre monothéisme islamique. Ce que nous devons écarter immédiatement, sans pour autant nous interdire d'étudier ce qu'ont pu dire des penseurs se disant polythéistes.

Par ailleurs, même s'ils ont eu cette soif, si révolutionnaire pour la suite de l'histoire, de sagesse et de connaissance qu'ils matérialisèrent en une construction de systèmes intelligibles de la nature excluant la mythologie et la théologie, les penseurs grecs antiques ont intégré, pour la plupart, ce qu'ils croyaient être des connaissances scientifiques, que l'on sait aujourd'hui erronées, dans leurs propres philosophies et systèmes logiques de pensée. Ainsi de beaucoup, chez les présocratiques, qui donnaient un rôle considérable, dans leur tentative d'explication de la naissance et du mouvement de la nature, aux éléments de base identifiés en l'air, l'eau, le feu ou la terre. Par exemple, alors que pour Thalès de Milet, tout dans l'univers provenait de l'eau, Héraclite faisait tout dériver du feu.

Il n'appartient nullement à l'occidentalisme islamique de reprendre toutes ces conclusions, ainsi que les affrontements de doctrine qui ont pu en découler, puisqu'ils sont des énoncés aujourd'hui démentis par la science et motivés par les propres erreurs des Grecs (que nous préférerons appeler ici "pensée erronée" car procédant d'un excès d'explication du monde, réservant dorénavant l'a priori à ce qui procède de la croyance et qui reste invérifiable du point de vue de la raison, comme le polythéisme, l’athéisme, ou le monothéisme). Ce travail d'enquête sur ces savants grecs, utile et hautement intéressant en soi parce que permettant d'imager au plus près de la vérité les mentalités des sociétés de l'époque et de leurs franges savantes, reste bien entendu l'apanage de l'historien.

Un monothéisme grec ?

Malgré tout, la pensée islamique doit rendre compte de tout a priori de la philosophie occidentale lorsque, potentiellement, elle peut y trouver une concordance avec son propre préjugé de foi. Cela réside exclusivement dans le monothéisme affiché par des penseurs non musulmans.

Cela se vérifie, pour ce qui concerne cet article, dans le fait qu'un des présocratiques, qui se nomme Xénophane, a semblé défendre le monothéisme. On ne sait pas grand chose de Xénophane, comparativement à Aristote par exemple. On se demande encore de savoir s'il fut le fondateur de l'Ecole d'Elée, l’une des représentantes, avec l’Ecole ionienne, le pythagorisme et les sophistes, de la galaxie présocratique. Il resta cependant fameux parce qu'il se différenciait de ses contemporains, en s'en prenant, avec d’autres, à l'anthropomorphisme de la religion grecque (vii), mais surtout, car il défendait une thèse qui ressemble beaucoup à l'attestation de foi du judaïsme, du christianisme et de l'islam : "Il n'y a qu'un seul Dieu...qui ne ressemble aux mortels ni par le corps, ni par la pensée".

Etant donné que nous nous guidons, ici-bas, et cela vaut aussi pour notre philosophie, par une acceptation, pour nous-mêmes mais aussi pour les autres, de la véracité de notre croyance, laquelle n'est pas antinomique avec le fait que nous reconnaissons que d'autres croyances ou absences de croyances existent dans ce monde de manière libre, n'est-il pas opportun de nous appuyer sur l'un des énoncés islamiques célèbres selon lequel chaque peuple, depuis le commencement, et ce, jusqu'au prophète Muhammad (pbsl), a eu le témoignage d'un des leurs sur la véracité du monothéisme (viii) ? Seulement, pour nous incliner à répondre par l'affirmative à cette question, et exclusivement en ce qui concerne Xénophane dans le cadre de cette article, il faut absolument remplacer le Dieu du penseur grec par le nom d'Allah (au sens de l'Unique), et vérifier, par là, s'il n'y a aucun conflit avec la conception islamique de la divinité. Et, ainsi, en pratiquant cette transposition, nous ne voyons rien d'autre qu'un énoncé que les musulmans considèrent comme vrai selon leur foi : il n'y a qu'un seul Dieu, Il ne ressemble aux mortels ni par le corps, ni par la pensée.

Cependant, le vrai Xénophane reste très difficile d'accès, du fait qu'aucun de ses écrits ne subsistèrent, sauf un certain nombre de ses vers poétiques. Et ce que l'on sait de lui indique qu'il fut proche de beaucoup de thèses admises à l'époque telle que celle selon laquelle la terre, plate, n'a pas de limites, ce qui est contredit par la science actuelle. C’est pourquoi il n'est pas faux de conclure que malgré le fait que Xénophane fut soumis à une pensée erronée élaborée par recherche excessive de vérités sur le monde, il fut inspiré, semble-t-il, par l'idée de l'existence d'un Dieu unique. Une intuition, qui initialement de l'ordre de l'ineffable, pénétra sa conscience à partir de son inconscient, d'où Dieu contrôlerait l'homme ?

Ainsi, même chez les Grecs antiques, un a priori d'où paraît naître toute philosophie doit d'abord être écarté de tout énoncé vrai qu'elle a induit. S'il n'est pas conforme à notre croyance islamique, il en devient nul et non avenu selon notre propre conception du monde, tout en gardant à l'esprit la vérité du fait qu'il a pu être considéré comme vrai par ceux qui le portaient. S'il est en revanche conforme, nous l'intégrons à notre conception du monde, comme cela semble être le cas du monothéisme de Xénophane. Cependant, une philosophie mêle toujours en elle a priori et raison pure, à laquelle, comme c'est le cas des présocratiques, peut s'adjoindre une pensée erroné excessive.

DE L'UNIVERS CHEZ LES GRECS

Le principe premier

Un autre aspect unifiant les penseurs grecs antiques provient du fait qu'ils ont tous, pour la plupart, cherché à identifier un principe originel à l'existence de l'univers, à l'instar de Thalès et d'Héraclite cités ci-dessus, et qui, rappelons-le, considéraient respectivement l'eau et le feu comme principe directeur de la création originelle de tout corps. Comme nous le disions plus haut, il n'appartient pas à l'occidentalisme islamique de s'immiscer dans cette querelle qui de toute façon est dépassée en ce qui concerne l'Histoire de l'univers, grâce aux découvertes scientifiques qui ont émaillé les cinq derniers siècles, principalement en Occident.

Toutefois, le principe premier, que nous pourrions appeler l'Intuition première, est un concept de haute importance pour une philosophie contemporaine qui se base sur un a priori islamique. En effet, puisque nous sommes certains, en tant que musulmans, et même s'il nous sera à jamais impossible de le démontrer de manière indubitable, que toute existence dans cette univers procède de Dieu ; et dès lors que l'on a intégré une donnée connue aujourd'hui grâce à l'astrophysique actuelle, qui consiste en le fait que l'Univers, à son commencement, peu après le Big Bang, ne faisait pas plus de la taille d'une tête d'épingle ; il est normal d'en conclure que tous les éléments présents aujourd'hui dans notre monde existaient déjà, sous une autre forme, à ce moment précis. Musulman de foi, et être raisonné d'esprit, je ne peux croire que la disposition même de la matière et de la masse dans cette tête d'épingle était due au hasard.

Car, ayant l'intuition de l'Intuition première voulue par Dieu, je peux affirmer que tout ce qui caractérise mon monde actuel, c'est-à-dire mon propre corps, mon esprit, l'ensemble de mes contemporains, la matière qui m'entoure dans l'univers, et tout ce qui a été par le passé, et même la teneur de ce qui sera dans l'avenir, était déjà présent dans cet univers premier, à la fois en état de latence, mais aussi de prédisposition à ce qui fut ensuite le déroulement futur des événements cosmiques et terrestres.

L'aporie de l'Etre

Pourtant, certains ont cru en l'éternité de l'Etre (c'est-à-dire de l'univers), au premier rang desquels figure Parménide, de l'Ecole d'Elée. Voilà donc une première aporie à surmonter. S'il y a existence d'une unité de la philosophie grecque en tant que telle, comment surmonter le fait que certains présocratiques ont cru en la force d'un principe originel à la base du mouvement de la nature, tandis que d'autres, comme, Parménide, ont parlé du fait que jamais l'Etre "n'était ni ne sera, puisqu'il est maintenant, tout entier à la fois, un, d'un seul tenant".

Parménide s'est vu opposé, par la postérité, à Héraclite, au point que l’on parle du premier comme étant le philosophe de l'Etre, le second se posant comme le représentant du "camp adverse", la philosophie du Devenir. Or ce dernier affirmait que "tout coule", autrement dit que rien ne demeure.

Comment donc concilier ces deux philosophies antithétiques, sachant que nous-mêmes, guidés par notre croyance ainsi que par les résultats admis actuellement par la science, nous demeurons certains d'un "acte de naissance" à l'origine de tout ? Il suffit d'insérer les deux thèses dans un énoncé logique englobant, tout en excluant de celui-ci ce qui procède d'une pensée erronée élaborée par une recherche excessive d'une vérité sur le monde (ici, le fait que l'Etre n'ait pas de commencement). Car les deux philosophes, par le travail de leur esprit, ont effectivement découvert une parcelle de la vérité préexistante à soi, qui se résumerait à l'énoncé suivant : "si tout coule, comme dit Héraclite, c'est-à-dire si tout est en mouvement de telle sorte que, dans l'univers, aucun instant n'est identique, en ce qui concerne la disposition des corps et des éléments de matière le composant, à aucun autre instant, ceci n'est pas un mensonge que de dire que le cosmos tire de lui-même les causes de sa propre évolution. Un enfant croît parce qu'il intègre à son intérieur corporel, qui les demande pour ce faire, des éléments de l'extérieur (nourriture, eau, air). L'Etre est donc toujours identique, tout en connaissant un mouvement perpétuel. Par exemple, tout mortel, lorsqu'il meurt, a son corps qui se décompose en des éléments inertes qui vont se marier avec la nature environnante en fonction de la cause de la décomposition. Si le corps disparaît, les éléments de matière qui le composaient restent toujours existants mais adoptent d'autres modes". Héraclite et Parménide ont ainsi tous les deux raison, dès lors que la pensée erronée de Parménide est mise de côté. Tant que l'univers est existant, il demeure toujours identique à lui-même, même si des mouvements s'impulsent en lui qui font que chaque moment est unique.

De surcroît, en faisant appel à notre foi, nous pouvons étayer leurs affirmations par une interprétation des versets suivants : "Et ils (les bestiaux) portent vos fardeaux vers un pays que vous n'atteindriez qu'avec peine. Vraiment, votre Seigneur est Compatissant et Miséricordieux. Et les chevaux, les mulets et les ânes, pour que vous les montiez, et pour l'apparat. Et Il crée ce que vous ne savez pas." (ix).La dernière phrase peut paraître éloquente. Les hommes se servent des animaux pour le transport, mais Dieu dit, d’emblée, après cette description, qu'Il créé ce que les gens ne savent pas. Et si ce que les gens ne savaient pas résidaient en le fait que bien plus tard, à partir de régions de l'Etre déjà présents dans le monde (pétrole, métaux, caoutchouc...), lorsque leurs prédispositions auront été découvertes et valorisées par l'esprit humain, de nouveaux moyens de transport allaient faire leur apparition, changeant la face de la terre à tout jamais, même si nous pouvons dire que notre univers est un, et identique à ce qu'il était, malgré cette accélération gigantesque inouïe de l'acheminement des hommes, des idées et des choses, qui en a résulté dans le monde ?

A ce stade, une autre difficulté peut surgir. Les exercices ci-dessus, nous permettant de "piocher" les éléments qui se révèlent concordants avec notre a priori comme notre raison pure, amènent toutefois la réflexion suivante. Alors que nous avons décidé, soit par raison pure, soit par croyance, d'écarter un certain nombre d'énoncés, nous en avons gardé d'autres qui étayent ces deux aspects de l'occidentalisme islamique. Or, comment ne pas affirmer que les présocratiques, lorsqu'ils pensaient ce qu'ils pensaient, et puisqu'ils se sont efforcés de construire une cosmologie ne s'appuyant ni sur la mythologie ni sur la théologie, se voyaient là utiliser leur propre raison pure, ou du moins une réflexion logique ?

Nous prendrons les exemples d'abord de Pythagore, ensuite de Démocrite et d'Anaxagore, pour trouver une réponse à cette question, légitimant ainsi l'occidentalisme islamique... (A suivre)

Texte publié le 7/11/2013 sur oumma.com

http://oumma.com/200847/concept-doccidentalisme-loccidentalisme-islamique-12

Notes

i « Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, afin que vous vous entre-connaissiez» (Coran, s. 49, v. 13).

ii Dans plusieurs textes sur ce courant de pensée, j’insiste bien sur le fait qu’une philosophie islamique ne peut avoir d’islamique que si elle respecte un triple énoncé : croire en ce qui procède de la foi islamique (l’existence d’un Dieu Unique, de Messagers, de Livres…) ; ne pas remettre en cause les cinq piliers de l’islam ; avoir la volonté de se rapprocher de Dieu tout en œuvrant pour le bien commun.

iii Intuition qui est sans aucun doute une disposition d'esprit complexe se combinant, de manière non moins complexe, avec ce que l'on appelle l'inconscient et l'ineffable.

iv Ainsi de la scolastique médiévale et de sa critique par les philosophes des Lumières, Voltaire en premier lieu.

v Les présocratiques sont ainsi nommés car ils ont précédé Socrate, historiquement ou philosophiquement. Globalement, ils étaient divisés en deux catégories de penseurs : ceux qui réfléchissaient à une mise au jour d’un système explicatif de la nature, d’une cosmologie (à l’intérieur desquels sont notamment rangés les Ecoles ionienne, d’Elée et pythagoricienne. Les plus connus sont Thalès de Milet, Héraclite, Xénophane, Parménide, Pythagore, Empédocle, Démocrite, Anaxagore…), et ceux que l’on connaît sous le nom de sophistes et qui établirent une science du raisonnement et de la parole (trois ont gagné une postérité non négligeable : Gorgias, Hippias, Protagoras). Les deux groupes furent remis en cause par Socrate, se détournant des « constructeurs de cosmologies » car ils cherchaient à connaître ce qui relève du divin (la nature) et des sophistes car ils connaissaient la science du raisonnement tout en niant l’existence de la vérité. Pour une première approche des présocratiques mais aussi de toute la philosophie occidentale, j’invite tout ceux que cela intéresse à consulter l’ouvrage publié par l’Etudiant, sous la direction d’Olivier Dhilly et de Bernard Piettre, qui s’intitule « Les grandes figures de la philosophie », et qui présente 53 fiches thématiques présentant les grands courants de la pensée occidentale et leurs principaux défenseurs. L’intégralité de l’ouvrage est disponible sur books.google.fr.

vi Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe, 1990

vii « Si les chevaux et les bœufs pouvaient peindre leurs dieux, ils leur donneraient des figures de chevaux et de bœufs », Xénophane

viii « Il n´est pas une nation qui n´ait déjà eu un avertisseur » (Coran, s. 40, v. 78)

ix Coran, s. 16, v. 7-8

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